06.02.2012

Sainte-Croix : le feu passe au vert pour les éoliennes

C'est par plus de 53%, avec un taux de participation de 59%, que les habitants de Sainte-Croix ont accepté hier le projet d'un parc éolien de six turbines dans un vote consultatif voulu par les opposants.

Ce résultat est remarquable à plusieurs titres.

Qu'une population consente majoritairement d'accepter les nuisances d'un parc éolien au profit de l'intérêt commun montre une fois de plus la pertinence de notre système démocratique semi-directe.

La production électrique du parc devrait être de 22 mio de kWh, soit l'équivalent de la consommation de la Commune de Sainte-Croix, industrie comprise. Les projections actuelles à l'horizon 2030-2050 parlent d'une part d'environ 3 à 7 % de l'éolien dans l'électricité consommée en Suisse.

Pour l'éolien en Suisse romande et dans le canton de Vaud en particulier, ce résultat est un signal très positif pour les autres projets, dont plusieurs ne rencontrent que peu d'opposition. Le Conseil d'Etat vaudois va pouvoir modifier sereinement le plan d'affectation cantonal.

La taille gigantesque de ces machines est souvent une des raisons des oppositions. Mais d'un autre point de vue c'est aussi un symbole fort pour sensibiliser les jeunes générations aux questions énergétiques dans l'optique d'un développement durable, un signal d'une nécessaire transition de notre société vers plus de sobriété.

16.10.2010

Les énergies renouvelables perdent leur figure de proue

Hermann Scheer, 66 ans, député allemand, père de la loi sur les énergies renouvelables, est décédé jeudi.

Interrogé par Amy Goodman de la chaîne d'information Democracy Now, cet entretien remarquable, réalisé il y a tout juste quelques semaines et mis en ligne hier, est probablement l'un des derniers donné par le "pape" du renouvelable.

 

 

 

 

 

30.08.2010

Le journal Le Temps passe au vert !

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Le journal Le Temps dans son édition d'aujourd'hui se met au vert et nous offre plusieurs articles très intéressants rédigés par des experts suisses romands de haut niveau du secteur des énergies renouvelables (ER).

Yves Membrez, directeur d'EREP SA, fait le point sur "Le Biogaz en Suisse romande". Il nous rappelle que notre région a fait office de pionnière dans cette technique de recyclage et de valorisation des déchets organiques grâce à des esprits visionnaires. Elle a l'immense avantage pour ses utilisateurs de faire passer ce qui était avant des charges à des recettes. Les défis techniques ne manquent pas, mais les réalisations déjà effectuées (9) et les projets en cours (15) mettent en évidence le potentiel très intéressant de cette filière : "La première vraie réalisation techniquement exemplaire a été inaugurée en octobre 2008, à Lavigny. Elle se singularise également par le fait qu’elle est associée à la première opération d’injection de biogaz épuré dans un réseau de gaz naturel, en Suisse romande. Malgré les difficultés financières de son exploitant, cette unité industrielle est la première illustration de la technologie «KOMPOGAS» en Suisse occidentale."

Sous le titre "La sécurité de l’approvisionnement électrique", Jean-Louis Sottas, président de la Fondation Sécurité énergétique, nous aide à prendre conscience du potentiel énorme des économies d'énergies couplées au soutien des ER. En ciblant les économies à des domaines bien définis (chauffage électrique, électroménager, éclairage public, etc.) il montre que les quantités économisées sont supérieures à celle d'une centrale nucléaire pour un coût moindre : "On le voit rapidement, les économies d’électricité coûtent bien moins cher à l’Etat que la construction d’une nouvelle centrale nucléaire." Il met également en évidence tout l'intérêt pour l'emploi dans nos régions : "Dès lors, la position d’économiesuisse de continuer à défendre la construction d’une nouvelle centrale nucléaire est incompréhensible, alors que l’investissement dans les économies d’électricité serait bien plus profitable à notre tissu économique. Il semblerait que les dogmatiques aient changé de camp…" Il relève l'opacité du prix du kWh d'origine nucléaire, estimé par lui à 9 ct./kWh et sans tenir compte des coûts importants liés aux déchets, assurances, démantèlement, etc.

Christophe Ballif, directeur du laboratoire de photovoltaïque de l'antenne neuchâteloise de l'EPFL, nous parle des évolutions très rapides de ce secteur et de son fort potentiel : "Les capacités mondiales de production de modules ont été multipliées par 50 et les coûts de production divisés par 5. Le temps nécessaire à restituer l’énergie utilisée pour la fabrication n’est plus que de 1 à 3 ans selon les technologies et les régions. L’Agence internationale de l’énergie, plutôt conservatrice, estime dans un rapport récent que, d’ici à 40 ans, 22% de l’électricité mondiale sera produite par le solaire". Cela implique une diminution importante du prix du kWh qui devrait devenir raisonnable ces prochaines années (15 à 30 centimes le kWh pour nos régions). Bénéfices principaux : création de nouvelles places de travail dans un secteur ou notre pays affiche un très important savoir-faire et diminution de notre dépendance aux énergies non-renouvelables.

Sous le titre "L’éolien, signe des temps", Martin Kernen, de Suisse Eole, nous rappelle les conséquences de l'introduction en 2008 de la rétribution au prix coûtant (RPC) de l'énergie produite par voie renouvelable. Après la ruée des investisseurs au début avec des propositions de projets pas toujours en conformité avec les principes du développement durable, il rappelle que notre pays a la chance d'avoir un cadre législatif stricte dans nos cantons qui empêche de faire n'importe quoi. Sur le potentiel : "Selon le «Concept d’énergie éolienne pour la Suisse» arrêté en 2004 par la Confédération, l’éolien pourrait à terme assurer l’équivalent de la consommation d’un million de ménages, via 4000 GWh, soit la production de l’actuelle centrale nucléaire de Mühleberg. Cet objectif serait atteignable avec 800 éoliennes de technologie actuelle. Ce nombre devrait toutefois décroître, la technologie progressant vite: ainsi les 8 nouvelles éoliennes du Mont Crosin produiront-elles 3 fois plus d’énergie que les 8 installées entre 1996 et 2004." Il nous rappelle que nos barrages constituent un atout très important permettant de compenser la variabilité de la production éolienne (ou solaire) et d'intégrer ainsi, selon l'OFEN, jusqu'à 10% d'ER supplémentaires. Et de conclure avec cette remarque fort sage : "Sur le long terme, nous devrons adopter une nouvelle relation aux énergies, avec plus de visibilité: les grandes centrales, d’autant mieux tolérées par les citoyens qu’elles sont implantées chez d’autres, disparaîtront au profit d’un réseau décentralisé à usage local, intelligent."

12.08.2010

Energies renouvelables : analyse de la banque Sarasin

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L'Usine Nouvelle publie une interview du Dr. Matthias Fawer, membre de la banque Sarasin et auteur de l'étude qui vient d'être publiée intitulée "Energies renouvelables 2010".

On y apprend que les investissements dans ce secteur ont fortement augmenté pour les pays émergents (Chine, inde et Brésil). Le constat de ces pays est limpide : dans une optique de développement durable, l'apport énergétique ne peut se baser seule sur la consommation d’énergie d’origine fossile, vu son épuisement progressif et pour des raisons environnementales.

En parallèle, les coupes importantes dans les budgets d'Etats européens comme l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne a occasionné un ralentissement net des investissements près de chez nous. Si celui-ci était prévisible à terme, la crise économique actuelle est passée par là...

Autre information : on apprend que les prix des modules pour le photovoltaïque ont chuté de 30 à 50 %, comparé à des baisses de l’ordre de 5 à 10% les années précédentes. Aucune indication n'est donnée dans l'article pour l'évolution des prix ces prochaines années.

Au final, pour la première fois, c'est un quart de la production électrique mondiale qui provient des énergies renouvelables. La progression de 16% des capacités de production totale des énergies renouvelables sur l’ensemble de la planète devrait continuer sur le même rythme ces prochaines années.

La page de la banque Sarasin consacrée à cette étude concentre sa présentation du rapport sur les perspectives incertaines pour les biocarburants.

Ceux de la première génération - les carburants issus de produits alimentaires - posent de nombreux problèmes socio-environnementaux : disponibilité restreinte des surfaces cultivables, usage excessif d'engrais, perte de la biodiversité et atteinte aux forêts et prairie principalement. Les biocarburants de deuxième génération - les carburants issus de matières végétales non-alimentaires - devraient être produits à une échelle industrielle ces toutes prochaines années (2012) alors que ceux basés sur la transformation à partir d'algues devraient apparaître plutôt vers la fin de cette décennie.

Une remarque importante à propos de l'avenir incertain des biocarburants concerne le développement rapide et prévisible des véhicules électriques.

05.08.2010

Biogaz : ça bouge au Tessin !

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(http://www.toonpool.com/cartoons/Biogas_69493)

 

Le biogaz (méthane) ne représente aujourd'hui en Suisse que 0.17% de la consommation finale totale d'agents énergétiques (1). Cette valeur reflète surtout la sous-exploitation dans notre pays d'un gisement d'énergie important et renouvelable.

Trois sources sont susceptibles de produire du biogaz : les centres d'enfouissement techniques de déchets ménagers, la méthanisation des boues de stations d'épuration et la méthanisation des déchets fermentescibles agricoles, industriels et ménagers.

Le site de l'Association des entreprises électriques suisses (www.strom.ch) nous informe (27.07) de la mise en travaux d'une installation de biogaz dans la plaine de Magadino (TI). A terme, cette petite centrale devrait produire l'équivalent de la consommation annuelle de 400 ménages. Lire ci-dessous. Un exemple à suivre !

(1) Consulter à ce propos gratuitement la toute fraîche "Statistique globale suisse de l'énergie 2009" mise en ligne par l'OFEN. http://www.bfe.admin.ch/php/modules/publikationen/stream....

 

Installation de biogaz dans la plaine de Magadino: début des travaux

La société sol-E Suisse SA, filiale de BKW FMB Energie SA sise à Berne, ainsi que ses deux partenaires tessinois, l'exploitation agricole «Ramello» d'Ulrico Feitknecht à Contone et la société Orticola Bassi SA de Marco Bassi à S. Antonino, ont débuté les travaux de construction d'une installation de biogaz dans la plaine de Magadino. Cette centrale produira du courant et de la chaleur à partir de déchets organiques.

L'installation «Biogas Piano di Magadino» sera implantée dans la zone industrielle de Cadenazzo. Elle permettra d'exploiter le lisier, le fumier ainsi que les substrats d'origine végétale (épluchures issues de la production de légumes) provenant de l'exploitation agricole «Ramello» et de la société Ortica Bassi. Par ailleurs, l'installation utilisera des substrats organiques issus de la gastronomie (déchets alimentaires). Elle fournira ainsi une contribution importante à l'élimination des déchets de la région.

Cette installation de biogaz offre de nouvelles opportunités à l'agriculture tessinoise: elle permettra ainsi la fermentation de déchets organiques issus de la production des fruits et légumes. Les résidus de fermentation constituent en outre un précieux engrais qui peut être utilisé pour l'agriculture. Le cycle des éléments nutritifs est ainsi complet.

Avec une puissance électrique de quelque 250 kilowatts et une puissance thermique de 300 kilowatts environ, l'installation biomasse produira 1,5 million de kilowattheures (kWh) d'électricité par an, ce qui correspond à la consommation annuelle de 400 ménages. L'installation sera raccordée au réseau électrique régional de la société AMB Bellinzona. La production de chaleur annuelle s'élèvera à 1,3 million de kWh par an. La chaleur produite devrait être d'une part récupérée pour chauffer un bâtiment industriel environnant et, d'autre part, utilisée par sol-E pour traiter des déchets alimentaires avant fermentation. Cela permettra d'éviter l'émission de quelque 1 500 tonnes de CO2 par an, contribuant ainsi directement à la protection du climat.

Les travaux devraient durer jusqu'à fin octobre 2010. L'installation sera mise en service à la fin de l'année, après avoir été testée en conditions réelles. Les coûts d'investissement s'élèvent à quelque 3,3 millions de CHF. (fmb)

http://www.strom.ch/fr/politique/news/news-detail/news/beginn-der-bauarbeiten-an-der-anlage-biogas-piano-di-magadino/300.html?cHash=52a3159a70

18.07.2010

Réponse à Pierre Kunz

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Je partage en grande partie Monsieur Kunz votre point de vue sur le réchauffement climatique. La lecture particulièrement du site www.pensee-unique.fr met en évidence, articles scientifiques à l'appui, que le GIEC a sous-estimé fortement (et volontairement) l'influence des oscillations climatiques naturelles dans ses prévisions.

Sur les ressources énergétiques, nous allons devoir affronter ces prochaines années une stagnation puis une diminution de la production mondiale de pétrole. Dans nos sociétés hautement influencées par la spéculation financière, je vous laisse imaginer l'évolution du prix du pétrole et ses conséquences sur l'activité de notre économie...

Dés lors, réduire de manière importante notre consommation énergétique (amélioration de l'efficacité énergétique, diminution du gaspillage) et mettre en place une politique visant l'autonomie énergétique à l'aide des énergies renouvelables (ER) n'est qu'une réponse logique, techniquement réalisable, à la crise qui s'annonce. Il faut en prendre conscience (lire mon billet), en avoir la volonté et s'en donner les moyens.

Sur les ER, les estimations des capacités sont souvent inexactes et fortement sous-estimées.  Il a été dit que 1000 éoliennes ne permettraient de produire que 3% de l'électricité consommée dans notre pays. 1000 éoliennes comme les 2 en Bas-Valais permettraient dans les faits de produire 5 térawattheures (3 pour la centrale de Mühleberg), soit l'équivalent de 8% de notre consommation. Avec les éoliennes de la dernière génération ont atteint les 15% (source SI Lausanne). Cet exemple est représentatif de la non-prise en compte quasi-systématique du fort potentiel d'amélioration des rendements énergétiques des ER.

L'autonomie énergétique à l'échelle globale aura pour conséquence de réduire les conflits internationaux liés bien plus souvent qu'on ne le croit au contrôle des ressources énergétiques fossiles. En cela, il aura un impacte direct sur la stabilisation des flux migratoires (bien meilleur que nos gardes-frontières...). En outre, les transferts technologiques liés aux ER vers les pays en développement participeront également à ce processus en dopant leurs activités économiques.

Sur le nucléaire, cette filière lourde, chère(*) et dangereuse entrave à divers titres (vaste sujet) l'évolution vers les énergies renouvelables. De plus, les réserves calculées d'uranium sont d'environ 60 ans avec le nombre de centrales actuellement existantes. Les évolutions technologiques promises permettant une meilleur efficacité énergétique ont soit été un échec (surgénérateur) ou posent de très sérieux problèmes technologiques (EPR). Sur les risques : les assureurs refusent d'entrer en matière pour les nouvelles centrales. En défenseur de l'économie de marché, vous savez que cela signifie "no future". La raison tient essentiellement aux risques que cela pose à la santé des populations : l'AIEA et l'OMS, liés par un accord depuis 1959, essaient tant bien que mal de faire taire les chercheurs qui ont mis en évidence, "grâce à Tchernobyl", les dangers graves que posent les faibles doses de radioactivité accumulées sur de longues périodes.

La transition vers les ER et l'autonomie énergétique constitue effectivement un virage majeur de nos sociétés industrialisées semblable à celui de la Révolution industrielle. Les radicaux ont été en Suisse à bien des titres les architectes de cette transition. A vous lire, il semble que cette époque est révolue. Saint Hayek, priez pour nous !

(*) le conseil fédéral a refusé récemment d'estimer le coût effectif du kWh nucléaire...

09.07.2010

Energies renouvelables et barrières mentales. Partie 2

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Après avoir introduit le député allemand Hermann Scheer, auteur du livre "l'autonomie énergétique" et père des réformes énergétiques dans son pays, j'ai reproduit les 7 a priori technico-économiques qui empêchent, selon lui, le développement des énergies renouvelables.

Ci-dessous reproduit la suite : les a priori concernant les champs et les méthodes de l'action politique.

1. Les énergies renouvelables ont besoin de subventions

En l'affirmant, on tente de faire oublier que les subventions accordées aux énergies nucléaires et fossiles étaient et sont restées plusieurs fois supérieures - on le verra - à celles dont toutes les énergies renouvelables ont jusqu'ici bénéficié. On tente aussi de faire oublier qu'il existe depuis très longtemps des possibilités d'utiliser les énergies renouvelables qui ne dépendent pas des subventions, mais uniquement de la fin des privilèges accordés aux énergies atomiques et fossiles.

2. Le besoin de consensus avec le secteur actuel de l'énergie

Le secteur traditionnel de l'énergie occupe une telle position et exerce une telle influence qu'un changement d'énergie ne pourrait au bout du compte réussir qu'en collaboration avec celui-ci. En dépit des points de désaccord considérables, on serait donc contraint de trouver un consensus avec l'économie de l'énergie. Si l'on accepte cet a priori, on accepte le monopole d'action de la branche énergétique dans toutes les questions liées à l'approvisionnement énergétique, comme si elle était la seule capable de fournir de l'énergie à la population. Le secteur de l'énergie bénéficie ainsi d'une sorte de "garantie d'éternité" intellectuelle, comme s'il s'agissait d'un organe constitutionnel.

3. L'obsession de la compétitivité sur les marché de l'énergie

Comme la libéralisation des marchés de l'énergie constitue la tendance générale, les programmes de promotion des énergies renouvelables devraient eux aussi suivre cette orientation. Cet a priori donne au "marché de l'énergie" la priorité sur tout autre critère de décision. Il néglige le fait que la mobilisation des énergies renouvelables concerne essentiellement les marchés de la technique, et qu'il ne s'agit plus que partiellement du marché de l'énergie.

4. L'impossibilité de revenir sur des engagements globaux pris par contrat

Comme les problèmes énergétiques prennent une forme globale - pour des raisons liées à la répartition économique des charges dans la compétition internationale -, la solution du problème passe forcément par des solutions communes globales et contractuelles, dont on devrait accepter les inévitables compromis comme limite d'action. Une fois de plus, on relègue au deuxième plan les bénéfices sociaux que ne manqueront d'apporter les énergies renouvelables. Cet a priori néglige en outre le fait que les percées technologiques n'ont jamais été le fruit d'actions décidées au niveau international et que tout plaide contre la possibilité qu'elles le deviennent un jour. En défendant de telles idées, on contribue à concentrer l'attention du public et l'énergie des acteurs sur des conférences internationales débouchant sur des traités, bien que celles-ci aient des effets extrêmement insuffisants, et à négliger d'autres initiatives.

5. Les atteintes à l'environnement dues aux énergies renouvelables

Comme l'utilisation des énergies renouvelables est elle aussi une source de pollution, leur introduction doit faire l'objet des mêmes contrôles écologiques que les énergies nucléaires et fossiles. Ici, on oublie les différences élémentaires entre les destructions effectives et les atteintes relativement marginales à l'environnement, les dommages écologiques irréversibles et réversibles, les installations productrices de déchets toxiques et celles qui prennent de la place mais ne polluent pas.

6. Le réalisme des petits pas politiques

Comme les petits pas sont censés susciter une moindre résistance et donc être plus faciles à imposer, le réalisme voudrait que l'on n'effraie pas les instances politiques, l'économie et l'opinion publique avec des approches trop ambitieuses. Défendre cet a priori revient à capituler devant la réalité des problèmes, dès lors que les petits pas politiques ne suffisent manifestement pas à résoudre les questions que pose l'approvisionnement traditionnel en énergie fossile et nucléaire.

28.06.2010

Energies renouvelables et barrières mentales. Partie 1

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(Crédit photographique inconnu)

Dans un précédent billet, je vous ai présenté Hermann Scheer avec l'image de son livre "l'autonomie énergétique". En cours de lecture actuellement, ce livre de grande qualité revient en page 30 sur les a priori communs à notre société pour les énergies renouvelables.

Ci-dessous les sept a priori technico-économiques. Dans un prochain billet, je reproduirai les a priori d'ordre politique.

1. L'insuffisance de la capacité disponible
Le potentiel des énergies renouvelables n'est pas suffisant pour que l'on puisse renoncer aux énergies nucléaires et/ ou fossiles. Cet a priori laisse penser que l'utilisation à long terme des énergies fossiles est une obligation que l'on est contraint d'accepter quels que soient les risques qu'elle entraîne.

2. Les délais trop importants
A grande échelle, le potentiel des énergies renouvelables ne peut être exploité qu'à long terme. On ne peut donc pas non plus faire l'économie d'investissements à long terme pour les énergies conventionnelles si l'on veut pourvoir aux besoins des gens. Ces a priori, qui prennent l'apparence d'une approbation des énergies renouvelables, incitent surtout à prendre son temps pour se donner les moyens de les utiliser. D'ici là, il faudra bien tolérer les énergies traditionnelles.

3. La nécessité absolue d'avoir de grandes centrales électriques
Les besoins d'une société de masse industrialisée, et urbanisée ne peuvent être satisfaits sans grandes installations de production d'énergie, or les énergies renouvelables, qui utilisent pour l'essentiel de petites installations, ne s'y prêtent pas. Cet a priori est aussi utilisé pour justifier les grandes centrales. Il incite à adapter la technologie des énergies renouvelables aux formes de production centralisées et à négliger les formes d'utilisation décentralisées, beaucoup plus diverses et susceptibles d'être mises en place bien plus rapidement.

4. L'augmentation du rendement des énergies conventionnelles profitera plus à l'environnement
Investir dans l'augmentation du rendement énergétique des centres de production conventionnels et des appareils consommateurs contribuerait à résoudre le problème à bien moindre coût et bien plus rapidement On utilise cet a priori pour bloquer les initiatives dans le domaine des énergies renouvelables, comme si les deux options n'étaient pas compatibles et nécessaires.

5. La priorité fonctionnelle accordée aux structures énergétiques existantes
Les énergies renouvelables devraient correspondre aux structures existantes pour la fourniture d'énergie, c'est-à-dire être compatibles avec celles-ci. La structure existante est considérée - notamment pour ce qui concerne l'approvisionnement en électricité -comme une exigence technique objective. Cet a priori fait du statu quo le critère de tolérabilité des énergies renouvelables et affirme une neutralité des structures d'approvisionnement à l'égard de toutes les sources d'énergie; or cette neutralité n'a jamais existé et ne peut pas exister.

6. La nécessité d'économiser les ressources nationales
Toutes les décisions relevant de la politique énergétique devraient veiller à éviter les destructions de capital dans l'économie de l'énergie. On assimile ainsi les besoins de l'économie nationale à ceux du secteur de l'énergie. Cet a priori dissimule une conception relevant de l'économie de marché, indéracinable dans la conception de l'économie traditionnelle de l'énergie et intégrée à une politique énergétique placée au service de cette dernière. Il considère aussi comme tout naturel que le secteur énergétique reste le seul vecteur de toute offre en matière d'énergie - une supposition qui, pour ce qui concerne les énergies renouvelables, est une erreur absolue.

7. Le poids économique de l'introduction des énergies renouvelables
Cet a priori vise à faire systématiquement oublier les dégâts économiques secondaires provoqués par les énergies traditionnelles et à nier l'utilité économique et sociale des énergies renouvelables. Il tente de jouer les intérêts présents contre ceux du futur et d'encourager les membres de la collectivité à se comporter de manière égoïste à l'égard du bien public.

Ces présupposés technico-économiques suggèrent tous l'existence de contraintes objectives qui s'opposeraient à une réorientation à grande échelle vers les énergies renouvelables.