23.06.2010
Solaire : les fonds de pension à la rescousse !

Bonne nouvelle : Jacques Laurent dans Le Temps nous apprend que les fonds de pension passent à l'action et investissent dans le solaire photovoltaïque !
"Le développement des énergies renouvelables est en très forte croissance au niveau international et en Europe en particulier. Les forts besoins de financement de ces infrastructures énergétiques, couplées aux incitations financières mises en place par la plupart des gouvernements européens, ainsi que la grande prédictibilité des cash-flows, représentent une opportunité d’investissement très attractive pour les investisseurs institutionnels."
On apprend que le coût de revient a chuté de 50% en 18 mois (25-30 cts/kWh, plutôt 40 cts/kWh en Suisse). Grâce à une plus grande industrialisation du secteur, l'Agence internationale de l'énergie prévoit un prix de 10 cts/kWh à l'horizon 2020 dans les régions d'Europe les mieux ensoleillées. On peut rapprocher ce chiffre au 9 cts/kWh pour le nucléaire suisse ; sans tenir compte des coûts liés au retraitement de l'uranium, aux assurances accidents, au stockage des déchets et au démantelement des centrales... (Source)
L'auteur de l'article présente des chiffres attestant de l'intérêt pour les investisseurs institutionnels. Conséquence concrète : le groupe Allianz veut investir 500 millions d'euros d'ici 2012.
Remarque : les prix sont bien ici en centimes de Franc suisse.
10:03 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solaire, électricité, le temps, jacques laurent, fond de pension
20.06.2010
L'autonomie énergétique

Le potentiel des énergies renouvelables fait actuellement débat dans notre société. Peut-on se passer des énergies fossiles et du nucléaire ?
Un député allemand affirme que c'est possible et nous présente des solutions : Hermann Scheer. Prix Nobel alternatif, père des lois allemandes sur les énergies renouvelables et père de l'IRENA (agence internationale des énergies renouvelables) crée pour surmonter les graves carences de l'agence internationale de l'énergie (agence qui fait la promotion des énergies sales, énergies fossiles et nucléaire, et qui ne consacre que 2% de son budget aux énergies renouvelables), fait partie des vrais écologistes, des écologistes qui agissent vraiment dans la perspective de la construction d'une Clean Energy Economy. Ils dénonce les marionnettes médiatiques qui jouent avec les peurs des gens, sans jamais parler des solutions, sans aucune vision pour l'avenir. Le message d'Hermann Scheer est un message positif et humaniste.
"Tel le capitaine d'un bateau navigant sur une mer ouverte sans savoir s'orienter et qui crie "Il y a de l'eau partout mais nous n'avons plus une seule goutte à boire !". Les énergies renouvelables sont partout, il nous faut installer des capteurs pour les collecter. Un bateau qui a installé un desalinisateur ne manquera jamais d'eau douce en mer (...) Je ne suis pas enthousiaste à propos du film d'Al Gore. La raison à cela, c'est qu'il ne montre pas les solutions (...) Si la majorité silencieuse ignore que les solutions existent pour surmonter ces dangers elle arrivera à la conclusion que ces problèmes ne peuvent pas être résolus (...) Et si les gens pensent cela, il vont développer une "No Future Mentalité". Les gens deviennent alors apathiques, déprimés, nihilistes (...) Une société ne peut passer à l'action pour surmonter les dangers que si une perspective peut être visualisée à l'horizon. Pour des raisons psychologiques, il ne faut pas laisser les gens seuls face à des dangers énormes (...) Chercher à faire croire qu'il n'existe pas d'alternatives aux énergies fossiles relève de la pollution des esprits (...)"
Merci à Olivier Danielo et son site "Objectif Terre" dont je me suis largement inspiré et que je vous recommande.
20:52 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : hermann scheer, développement durable, l'autonomie énergétique
14.06.2010
Corruption des députés : la preuve par Vigousse

Humour, dérision, révélations, regards décalés, analyses caustiques : Vigousse est ce qu'il manquait dans notre paysage médiatique devenu trop conformiste.
L'article en page 3 du dernier numéro (23) est tout simplement explosif. Ne vous étonnez pas si l'information n'a pas été reprise (à ma connaissance) ailleurs.
Sous la plume de Laurent Flutsch, le titre de l'article est prometteur et ne vas pas décevoir : "Comment le Credit Suisse achète les députés".
C'était à l'occasion d'une réunion des grands patrons et du parti socialiste au siège du Crédit Suisse le 19 août 2008. A la question de Christian Levrat sur le financement politique, un dirigeant de cette vénérable institution a révélé la clé de répartition de la manne financière aux partis bourgeois : un tableau à double entrée avec en ligne la liste des députés et en colonne leurs votes sur les sujets majeurs. Preuve est faite de l'influence des votes des députés sur les dons à leur parti et vice verca.
En plus de mettre en évidence qu'une refonte du mode de financement de nos partis politiques est urgente et nécessaire (on le savait), on ne peut rester qu'ébahi par l'absence de sens moral des dirigeants du Crédit Suisse : dans un monde ou presque tout s'achète, ils n'ont même plus conscience que leur explication démontre sans ambiguïté la corruption de notre système politique.
Le soutien par nos députés à la compétitivité de notre économie est nécessaire. Mais à quel prix ?
P.S. Comme note d'espoir sur le sens des responsabilités de nos banquiers, lire l'interview dans le Matin de Konrad Hummler, représentant des banquiers privés.
11:17 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vigousse, corruption, politique
09.06.2010
Les glaciers alpins moins sensibles au réchauffement climatique que prévu...

Le glacier d'Aletsch a perdu environ 10 km3 de glace entre 1890 (haut) and 2005 (bas). Roger Viollet Collection/Getty Images; G. Fischer/Photolibrary
Une équipe de chercheurs suisses a publié récemment une étude dans le prestigieux Geophysical Review Letters mettant en évidence la sensibilité importante de nos glaciers à un phénomène naturel : l'oscillation nord atlantique (variation en température de la surface de l'océan sur plusieurs dizaines d'années). Les chercheurs supposent que l'oscillation influence différents facteurs climatiques, par exemple la pluviosité en Europe ou les ouragans en Amérique du Nord.
Selon Matthias Huss, glaciologue à l'Université de Fribourg et un des auteurs de l'étude, l'homme ne serait pas le seul responsable de la fonte actuellement observée : 50% proviendrait du courant océanique. Les auteurs estiment même probable une stabilisation du volume des glaciers pour les prochaines décennies.
Inutile de dire que cette étude et une précédente publiée par ce même chercheur contredisent les affirmations alarmistes (*) du rapport 2007 du GIEC relatives aux glaciers (lire mon billet du 17.04.10). Martin Beniston, professeur à l'Université de Genève en modélisation du climat et porte-parole officieux du GIEC en Suisse romande, a crû bon de contredire dans la revue Nature cette dérangeante prévision.
Lire la nouvelle de l'ATS d'hier
(*) "Glaciers will experience a substantial retreat during the 21st century (Haeberli and Burn, 2002). Small glaciers will disappear, while larger glaciers will suffer a volume reduction between 30% and 70% by 2050 (Schneeberger et al., 2003; Paul et al., 2004)." Climate Change 2007: Working Group II: Impacts, Adaption and Vulnerability, 12.4.3 Mountains and sub-Arctic regions

17:47 Publié dans Science & techno | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : glaciers, réchauffement climatique, giec
07.06.2010
"11 Septembre, a-t-on dit toute la vérité ?"

© Christophe Fillieule / La Fabrik / FTV France 5
Le 23 mai, les téléspectateurs de France 5 ont pu découvrir l'enquête menée par Laurent Joffrin (rédacteur en chef de Libération) et ses collaborateurs intitulée "11 Septembre, a-t-on dit toute la vérité ?" Cette émission était l'un des épisodes de la série "Les détectives de l'histoire" qui propose de questionner des événements marquants et controversés de l'histoire récente.
Alors que la Télévision Suisse Romande n'a concédé que 8 minutes dans un Mise au Point en 2008 pour se questionner sur la véracité de la version officielle, on peut saluer cette chaîne du service public français pour nous offrir un espace de réflexion sur le sujet de presque une heure.
Après 12'40'', est fait mention du livre de référence du journaliste et grand reporter Eric Laurent intitulé "La face cachée du 11 septembre" (2004). La journaliste chargée de présenter les "zones d'ombres" de la version officielle cite quelques éléments factuels extrêmement troublants présentés dans le livre. Etonnamment, elle en omet plusieurs et des plus importants. Trois exemples :
- John O'Neill (p.56-58) : responsable de l'antiterrorisme au bureau du FBI de New York. Au cœur des enquêtes depuis l'attentat du World Trade Center (WTC) de 1993, il s'était spécialisé à déchiffrer les rouages d'Al Quaeda. Entravé dans ses enquêtes dès l'arrivée de l'administration Bush, il lui était devenu impossible d'enquêter désormais sur la famille Bin Laden et l'implication de dirigeants du royaume saoudien dans le financement du terrorisme. Poussé à la démission, il devint responsable de la sécurité du WTC le 10 septembre 2001. Il meurt dans les attentats le lendemain.
- Thomas Kean (p.70-72) : président de la Commission d'enquête officielle (lire mon billet du 19.05.10). Eric Laurent nous apprend que cet homme a eu pour associés, dans le domaine pétrolier, deux hommes soupçonnés d'avoir financé l'organisation terroriste Al Quaeda.
- Charles Burlingame (p.102-103): commandant de bord du vol 77 d'American Airlines qui a percuté le Pentagone selon la version officielle et entrainé la mort des 64 occupants. L'émission nous présente la photo du pilote et sa tombe au cimetière d'Arlington. Ce qu'on ne nous dit pas, c'est que cet ancien pilote de la Navy travaillait sur mandats comme spécialiste en "stratégie antiterroristes" pour le Pentagone. Engagé dès 1989, il avait participé à l'élaboration d'un scénario en 1993 sur l'hypothèse d'un avion de ligne détourné et frappant le Pentagone.
Coïncidences ? Il reste d'autres points clés figurant dans le livre et non repris par les "Détectives de l'histoire". L'information majeure émergeant du travail d'Eric Laurent est l'implication des services secrets pakistanais (ISI) dans l'organisation du 11 septembre, le financement de l'opération par des dirigeants saoudiens et le contrôle étroit effectué par la CIA sur l'ensemble de ces acteurs.
Le 4 septembre 2001, le directeur de l'ISI, Mahmood Ahmed arrive à Washington pour des entretiens avec Georges Tenet, le directeur de la CIA, en présence de responsables de la Maison Blanche et du Pentagone. Le 11 septembre au matin, il prend son petit déjeuner au Capitole en présence de Porter Gross, futur directeur de la CIA en 2004. Le 7 octobre 2001, le directeur de l'ISI est limogé. Le 9 octobre, le Times of India révèle que 100'000 $ avaient été transférés sur son ordre à Mohamed Atta, chef présumé des terroristes.
Citer le livre d'Eric Laurent sans mentionner les éléments qui précèdent et ne même pas évoquer les liens ISI-dirigeants saoudiens-CIA enlève toute crédibilité à l'enquête menée par les "Détectives de l'histoire". Mais, selon eux, il faut les croire, ils ont "essayé de [nous] donner toutes les pièces de ce dossier".
Eric Laurent, La face cachée du 11 septembre, les secrets inavouables d'une tragédie, Pocket, 2009, CHF 15.-
Visionner l'enquête des "Détectives de l'histoire" :
http://www.dailymotion.com/video/xdfa6h_11-septembre-2001-les-detectives-de_news
http://www.dailymotion.com/video/xdfbl2_11-septembre-2001-suite-lddh-partie_news
http://www.dailymotion.com/video/xdfcko_11-septembre-2001-suite-lddh-partie_news
13:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : détectives de l'histoire, 11 septembre 2001, enquête, france 5
01.06.2010
Grippe A : le Sénat français enquête
http://www.senat.fr/bulletin/20100517/grippea.html#par65
Le 19 mai 2010, La Commission d'enquête sur la grippe A du Sénat français a entendu trois experts :
- M. Ulrich Keil, professeur, directeur de l'Institut d'épidémiologie à l'Université de Münster
- M. Tom Jefferson, épidémiologiste, membre du réseau Cochrane Acute Respiratory Infections Group
- M. Michel Setbon, sociologue, directeur de recherche au CNRS, responsable du Centre de recherches sur le risque et sa régulation au sein de l'École des hautes études en santé publique
Les déclarations faites lors de ces auditions sont à mettre en parallèle avec les conclusions d'un groupe d'experts qui a jugé bonne la décision de la Confédération d'acheter 13 millions de doses (http://www.lematin.ch/actu/suisse/grippe-suisse-bien-agi-280977).
Ci-dessous quelques "morceaux choisis" bien que la lecture du texte en entier est fortement conseillée.
M. Ulrich Keil
(...) En mai 2009, l'OMS avait supprimé la sévérité de la maladie dans la définition d'une alerte pandémique de phase 6, n'exigeant plus qu'un unique critère : la diffusion rapide et mondiale d'un nouveau virus contre lequel la population n'est pas immunisée.
Ainsi, pour la première fois, des mesures coûteuses telles que la production de vaccins et des campagnes de vaccination de masse ont été déclenchées dans l'ensemble du monde. Et nous sommes toujours à la phase 6 de la pandémie, bien qu'il n'y ait eu aucune indication d'une menace sérieuse pour la santé du fait du virus A (H1N1) dans les deux hémisphères, et bien que le virus ne soit pas nouveau.(...)
(...) Dans les années récentes, on a assisté à plusieurs campagnes fondées sur la peur, avec le SRAS en 2002-2003, puis la grippe aviaire en 2005-2006 et nous vivons aujourd'hui la soi-disant pandémie de grippe A. Le nombre de morts dues au SRAS n'est cependant que de cinquante-trois dans le monde, et la grippe aviaire n'a jusqu'ici frappé que quatre-cent quatre vingt-seize personnes, tuant deux-cent quatre-vingt-treize d'entre elles. Il est important de se rappeler que la grippe aviaire n'a pu être contractée que par des personnes en contact étroit avec des oiseaux et est restée dès lors une zoonose régionale. Pourtant, la grippe aviaire est devenue le modèle des scénarios de grippe pandémique transformant les stratégies de prévention saisonnière présentées comme inefficaces face à une pandémie. Encore une fois, aucune de ces prédictions ne s'est réalisée.
Au regard des faits, la grippe A apparaît comme une énorme « bulle de marketing ». L'OMS, et ses conseillers nationaux et internationaux ainsi que les autorités nationales doivent révéler leurs processus de décision et tirer les conséquences de leurs erreurs de jugement. Sinon, un mouvement perpétuel mondial d'épidémies imaginaires ne cessera de nous hanter, avec des conséquences financières désastreuses.(...)
(...) M. François Autain, président, a demandé au professeur Keil de préciser sa réponse à la question du rapporteur sur l'intérêt du recours à une vaccination de masse pour lutter contre une pandémie grippale.
M. Ulrich Keil a déclaré qu'il n'était en rien opposé à la vaccination qui, sous l'égide de l'OMS, a permis notamment d'éradiquer la variole. Force est cependant de constater que les bases empiriques pour justifier de l'intérêt du vaccin saisonnier contre la grippe ne sont pas claires. La théorie du réassortiment des virus n'est pas, à ce jour, prouvée. On agite toujours l'exemple de la grippe espagnole comme une menace à l'encontre de ceux qui minimiseraient un risque pandémique. On sait cependant que le virus de la grippe espagnole était considérablement moins virulent que les virus saisonniers actuels et que le nombre élevé de morts était dû au fait qu'il avait frappé des populations pauvres, mal nourries, affaiblies par la guerre. Si un tel virus se diffusait à nouveau, 96 % des morts seraient constatées dans les pays du Tiers Monde. Or, ce sont les populations des pays développés qui sont vaccinées.
(...) M. François Autain, président, a demandé pourquoi le professeur Keil estimait peu crédible une mutation du virus A (H1N1) vers une forme plus virulente.
M. Ulrich Keil a expliqué que la mutation virale vers des formes plus virulentes n'est qu'une théorie qui n'a jamais encore été prouvée. Il est nécessaire que les épidémiologistes se fondent sur des observations concrètes et sur la réalité des faits. Au risque de se répéter, il a rappelé que l'observation de l'épidémie dans l'hémisphère sud permettait de savoir à quoi s'en tenir sur la gravité de l'épidémie.(...)
M. Tom Jefferson
(...) La grippe au sens strict du terme (en anglais « influenza ») et les maladies de type grippal (en anglais « influenza like illnesses » ou ILI) ne sont pas la même chose, bien que l'une et les autres soient souvent confondues dans les documents publics, par les médias ou de soi-disant experts.(...)
(...) Sur la base d'observations cliniques et d'études spécifiques, les travaux du groupe Cochrane ont établi que sur une population de cent personnes, on constatera par an, en moyenne, sept cas de maladies de type grippal, dont un seul sera causé par un virus grippal.(...)
(...) Cette confusion entre grippe et maladies de type grippal conduit à exagérer l'incidence de la grippe saisonnière.(...)
(...) Non seulement la définition de la pandémie a changé avec la disparition des critères de gravité, mais il a également été apporté la preuve que l'OMS a modifié le contenu de ses pages sur Internet sans changer la date affichée, ce que l'on pourrait considérer comme « un faux en écriture », comme le retrace une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ) : Peter Doshi a téléchargé ces documents trouvés grâce à Google, dont les traces ne vont pas disparaître, à la différence des documents de l'OMS. Pour citer une malédiction chinoise, a conclu M. Tom Jefferson, nous vivons une ère intéressante. (...)
(...) Pour ce qui est de la vaccination, montrant des diapositives illustrant les données tirées par Cochrane de quarante-deux essais cliniques réalisées sur une longue durée, il a indiqué que l'on pouvait conclure, à partir de ces essais, qu'en moyenne, sur cent personnes adultes vaccinées, une présentera des symptômes de grippes ; sur cent personnes non vaccinées, il y en aura en moyenne deux. Cela revient à dire que vacciner cent personnes ne permet d'éviter qu'un seul cas clinique de grippe. De plus, on n'a pas de preuve que la vaccination permet d'éviter les complications ou un décès, peut-être parce que ces cas graves sont trop rares pour apparaître au sein de l'échantillon considéré. (...)
(...) En ce qui concerne les antiviraux, M. Tom Jefferson a relevé que très peu de données concernant des essais menés par le laboratoire Roche avaient été publiées. On estime que soixante-dix-sept essais ont été réalisés depuis 1997, dont huit seulement ont donné lieu à des publications. (...)
(...)On peut donc se demander si le Tamiflu est plus efficace que l'aspirine, qui coûte beaucoup moins cher et dont les effets toxiques sont mieux connus que ceux du Tamiflu.(...)
(...) Enfin, alors que cela n'a pas été fait depuis plus de vingt ans, il faudrait procéder à des essais portant sur des vaccins activés contre la grippe saisonnière, d'une part, et des placebos, d'autre part. D'ailleurs, on ne sait pas si le vaccin contre la grippe saisonnière est efficace. Tout cela ne serait pas très compliqué, mais « l'industrie de la grippe », les laboratoires, les chercheurs, les fonctionnaires, les médias, ont fait en sorte qu'il soit devenu impensable de procéder à de telles études. (...)
M. Michel Setbon
(...) Dans les pays développés, la production et la vente de vaccins sont une « ardente obligation » pour les firmes pharmaceutiques, mais l'utilisation des vaccins est en recul continu. C'est une donnée importante. En France par exemple, seuls 27 % de la population se vaccinent contre la grippe saisonnière, ce qui est un taux un peu plus bas que dans les pays comparables. Les firmes pharmaceutiques ont, naturellement, l'objectif de développer leurs ventes. Mais le vaccin est aussi un outil de politique sanitaire et il y a donc une interdépendance structurelle entre les entreprises et les pouvoirs publics. (...)
(...) M. Alain Milon, rapporteur, a demandé à quel moment la perception du risque et donc, l'intention de se faire vacciner, avaient été les plus fortes ? Qu'est-ce qui les a fait basculer ?
M. Michel Setbon a répondu que c'est lors de la première enquête de juin 2009 que l'intention de vaccination était apparue la plus forte. Le SIG, de son côté a fait de petits sondages à partir d'août, qui montraient que le pourcentage de ces intentions diminuait pour ne jamais remonter. Il faut savoir qu'un pourcentage d'intention de 60% correspond au mieux à 30% de vaccinations réalisées et, en plus, dans les catégories les plus âgées. Autrement dit, les moins exposés au risque étaient les plus disposés au vaccin. En réalité, il fallait cibler les 20/40 ans mais cela, on ne sait pas le faire. Il fallait soit accentuer le matraquage en faveur du vaccin, soit réviser la stratégie vaccinale et ne plus commander 94 millions de doses.
Mais, a-t-il conclu, on n'a pas voulu savoir, on n'a pas voulu utiliser la connaissance.
M. François Autain , président, a observé qu'apparemment on ne le voulait toujours pas. (...)
(...) M. Alain Milon, rapporteur, a souligné que la meilleure protection contre une maladie virale n'est pas obligatoirement la vaccination. Contre le sida et la grippe, ce sont le préservatif et le lavage des mains. Certes, ce sont des méthodes pas chères, et qui ne suffiraient sans doute pas à satisfaire les laboratoires pharmaceutiques...
Mais comment expliquer le décalage dans la perception du risque entre les autorités sanitaires et la communauté scientifique d'une part, la population et les médecins généralistes d'autre part ?
M. Michel Setbon est convenu que cette question le taraude. Les Français ont eu plus de bon sens que les experts en maladies infectieuses.... Un travers de ces derniers, c'est de sauter de joie lorsque leur objet est concrétisé, ils n'ont pas de distance critique par rapport à l'évènement. Pour le Comité des vaccinations, il faut vacciner ! Mais il ne prend pas du tout en compte l'acceptabilité du vaccin pour le public. Il y a là un côté « top-down » qui ne prend pas en compte que la réalité peut être différente. Le décideur final, c'est le public, il ne faut pas l'oublier. Les pouvoirs publics, eux, ne lui font que des propositions.
Mais on peut observer aussi que dans les pays développés, le groupe des professions médicales est celui qui se fait le moins vacciner. (...)
(...) M. Michel Setbon a souhaité, en conclusion, attirer l'attention du législateur sur la nécessité de conduire des études d'impact avant de prendre des décisions en matière de santé publique, M. Alain Milon, rapporteur, observant que dans les collectivités locales, il y avait systématiquement une étude d'impact avant toute décision coûteuse.
M. François Autain, président, a dit que cette suggestion méritait d'être prise en compte, tout en rappelant qu'il ne suffit pas que le législateur adopte un texte pour qu'il soit appliqué. (...)
12:37 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe h1n1, grippe a, sénat, commission d'enquête, oms, vaccins

