16.04.2012

L'allemagne sort du nucléaire sans polluer d'avantage

A l'heure où le débat s'engage en Suisse sur la production d'électricité à base de gaz naturel pour assurer la transition énergétique vers la sortie du nucléaire, il est bon de corriger une rengaine régulièrement entendue ces dernièrs mois.

Une étude toute récente le montre : l’Allemagne n’a pas eu recours au charbon pour compenser l’arrêt de 8 de ses 17 réacteurs en 2011, et n’envisage pas de le faire, selon une étude toute récente de l’Iddri (SciencesPo Paris).

L'Allemagne a dû combler un trou de 32.5 TWh suite à l'arrêt de ces réacteurs. Elle y est arrivé à 59% en augmentant sa production d'électricité renouvelable (augmentation de 20% en 2011), à 35% en diminuant ses exportations (mais le solde reste positif, voir le graphique ci-dessous) et à 6% en réduisant sa consommation.

Comment la Suisse va-t-elle s'y prendre ? Il est souhaitable que le recours au gaz naturel soit mesuré et privilégie autant que possible la cogénération (en plus de l'électricité, production de chaleur pour le chauffage à distance). Mais n'oublions pas que la gaz naturel reste nécessaire pour combler la production intermittente de l'éolien et du solaire photovoltaïque.

N'attendons en tout cas pas pour privilégier très activement les économies d'énergies (à travers p.ex. le label "Cité de l'énergie" pour les communes) ! C'est l'autre point en suspend du "Plan Doris" (!) que notre Conseillère fédérale nous présentera dans quelques mois. Patience...

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Sources : Objectif Terre des Hommes et blogs.mediapart.fr

28.03.2011

Nucléaire : la sortie s'impose !

Nous sommes tous profondément touchés par les drames terribles et successifs que vit le peuple japonais. La catastrophe de Fukushima a libéré d'un seul coup le débat sur le nucléaire qui allait être un des sujets centraux des élections fédérales de cet automne.

Voir dans cette réaction forte et instantanée - nous vivons à l'heure d'internet - une récupération politicienne est ignoble.

Ces derniers jours, de nombreux ténors politiques des partis bourgeois ont pris la parole pour oser enfin se questionner sur la sortie du nucléaire. Comme l'a justement compris Monsieur Fulvio Pelli, président du PLR suisse, l'acceptation de nouvelles centrales en Suisse est objectivement très compromise. Les bureaux de relations publiques anglo-saxons grassement payés pour nous manipuler n'y changeront rien.

Un élément essentiel a été relevé par Madame Fabienne Despot, députée de l'UDC-Vaud, auquel nous sommes invités  à réfléchir, Monsieur Stéphane Montabert, membre du même parti, y compris : les ressources en combustible vont prochainement manquer. Dans une tribune paru dans le Temps du 24 mars intitulée "Nous avons les moyens de nous dégager de l’impasse atomique", Madame Despot, ing. dipl. EPFL, dit ceci :

"(...) Le nucléaire n’a pas attendu Fukushima pour ne plus avoir la cote. Aujourd’hui déjà, son combustible doit être puisé dans les réserves militaires, personne ne peut assurer la disponibilité dans 20 ans, au moment où une nouvelle centrale serait mise en fonction. Voilà de quoi refroidir les prévoyants. L’année 2010 parle d’elle-même, qui voit se réaliser 17,5 GW de panneaux solaires installés dans le monde pour seulement quatre nouvelles centrales nucléaires totalisant 2,8 GW."

Pour ma part et avec l'accord de son auteur, je mets en lien ci-dessous l'interview récent réalisé par Monsieur Laurent Horvath, économiste suisse et spécialiste en énergétique (www.2000watts.org), du professeur Michael Dittmar de l'Institut de physique des particules de l'EPFZ.

J'invite mes concitoyens et concitoyennes à faire l'effort d'écouter cet expert indépendant pour comprendre en quoi le nucléaire en Suisse constitue une impasse, au-delà des risques environnementaux irréversibles devenus aujourd'hui évidents.

Nos ancêtres ont fait preuve d'une grande ingéniosité pour bâtir notre pays. La voie vers l'autonomie énergétique constitue probablement le défi de notre temps. Sachons le relever ensemble.

 

16.10.2010

Les énergies renouvelables perdent leur figure de proue

Hermann Scheer, 66 ans, député allemand, père de la loi sur les énergies renouvelables, est décédé jeudi.

Interrogé par Amy Goodman de la chaîne d'information Democracy Now, cet entretien remarquable, réalisé il y a tout juste quelques semaines et mis en ligne hier, est probablement l'un des derniers donné par le "pape" du renouvelable.

 

 

 

 

 

09.10.2010

«Le lobby de l’électricité fait tout pour empêcher le développement des énergies renouvelables»

Cet article paru dans Le Temps aujourd'hui est très important : il dresse un constat sévère sur la politique actuelle du lobby de l'électricité. Pour comprendre le retard pris par la Suisse dans le domaine des énergies renouvelables est particulièrement dans celui du photovolaïque.

"Or, si on veut produire des énergies alternatives en grande quantité, on a besoin d’un réseau décentralisé. Cela signifie que l’on doit recourir aux «smart grids», soit des outils de gestion intelligente de l’énergie. Et, du coup, le réseau entier doit être modernisé, ce qui nécessite des investissements. De l’autre côté de la chaîne, prenons l’exemple d’une maison familiale qui produit davantage d’énergie que ses occupants n’en consomment. Le surplus ne peut être redistribué que via un réseau décentralisé. Dans ce cas, cela rendrait une centrale atomique obsolète. Ceux qui distribuent l’électricité grâce aux centrales nucléaires n’ont donc pas intérêt à ce que chaque foyer produise de l’électricité, car leurs marges diminueraient."

Propos recueillis par Daniel Eskenazi, Thoune.

Valorisée à près de 1 milliard et demi de francs en bourse, Meyer Burger Technolgy est le fleuron de l’industrie solaire suisse. Entretien avec son directeur général.

Le Temps: Durant la crise, l’industrie solaire a beaucoup souffert, notamment en raison des coupes budgétaires des Etats. Comment Meyer Burger l’a-t-elle surmontée?

Peter Pauli: Outre les réductions budgétaires, le manque de liquidités des banques a provoqué un recul des financements de projets dans notre industrie. Nous disposions toutefois d’un énorme coussin de sécurité avec nos entrées de commandes. Par chance, nous avons pris quelques bonnes décisions, comme le recours au travail partiel. Nous avons donc assez bien traversé la crise en faisant attention de maintenir un large éventail de clients. Il est évident que ceux provenant d’Asie ont eu un effet bénéfique sur nos affaires.

– Depuis des années, la part la plus importante de vos commandes provient d’Asie et plus particulièrement de Chine. Est-ce une chance ou un risque?

– Toujours les deux. D’ailleurs, en chinois, chance et risque sont le même mot. Mais il est important de ne pas nous concentrer sur l’Asie où nous pouvons écouler de grands volumes. Nous devons aussi séduire l’Allemagne, marché orienté sur les technologies, avec les nôtres. Mais regardons les choses en face: nous avons profité des programmes de relance en Chine. Toutefois, la crise n’est pas terminée.

– Le prix des modules solaires a baissé de 35% en Europe et de 50% en Chine durant les trois dernières années. L’industrie a-t-elle franchi un cap?

– La chaîne de production de panneaux solaires a évolué, certes. Mais les choses sont plus complexes. D’un côté, la crise a provoqué une chute des prix du silicium, élément de base des panneaux solaires. De l’autre, en 2008, nous avons pu faire face à un excès de la demande, ce qui a permis de maintenir les prix élevés. L’an dernier, lorsque tout s’est effondré, la crise a eu en quelque sorte un effet curateur. La diminution des coûts de production a été répercutée sur les prix des produits.

– Le franchissement d’une nouvelle étape technologique sera-t-il réalisé par des Européens, des Américains ou des Asiatiques?

– Peu importe. Le problème à résoudre tourne davantage autour d’une réduction continue des coûts. En Chine, les économies d’échelle sont énormes en raison des volumes très importants en jeu. Du coup, les Chinois ont un certain pouvoir pour acheter des matières premières à bon prix. Ils exercent une forte pression sur les prix, comptent chaque renminbi qu’ils peuvent épargner.

Par ailleurs, n’oublions pas l’apport des sauts technologiques. On parle désormais de cellules multijonctions. Encore dans les laboratoires, cette technologie permet d’obtenir des rendements supérieurs à 20%. De notre côté, il existe encore un potentiel pour réduire l’épaisseur des fils de métal et des plaques de silicium. Autrement dit, l’optimisation de l’utilisation des matériaux. Des améliorations sont aussi possibles avec notre technologique de découpe des panneaux au moyen de fils de diamant. Dans les deux prochaines années, de grandes évolutions se produiront dans l’industrie du solaire.

– Concrètement, quels seront les effets de ces innovations?

– Le coût par kilowattheure diminuera fortement.

– En Suisse, le consommateur peut donc s’attendre à une réduction de sa facture d’électricité…

– Non, absolument pas. Mais la faute ne revient pas à l’industrie solaire. Elle ne peut résoudre seule la problématique de l’énergie. Le lobby de l’électricité fait tout pour empêcher le développement de tout ce qui se fait de nouveau au niveau de l’approvisionnement. Un exemple: le distributeur d’électricité est en général celui qui exploite les centrales atomiques, comme les Forces Motrices Bernoises ou Axpo en Suisse. Leur réseau est centralisé. Or, si on veut produire des énergies alternatives en grande quantité, on a besoin d’un réseau décentralisé. Cela signifie que l’on doit recourir aux «smart grids», soit des outils de gestion intelligente de l’énergie. Et, du coup, le réseau entier doit être modernisé, ce qui nécessite des investissements. De l’autre côté de la chaîne, prenons l’exemple d’une maison familiale qui produit davantage d’énergie que ses occupants n’en consomment. Le surplus ne peut être redistribué que via un réseau décentralisé. Dans ce cas, cela rendrait une centrale atomique obsolète. Ceux qui distribuent l’électricité grâce aux centrales nucléaires n’ont donc pas intérêt à ce que chaque foyer produise de l’électricité, car leurs marges diminueraient. On aboutit alors à un clash entre deux types de technologies.

Autour de cela, les conflits d’intérêts règnent. Alors que les milieux politiques devraient formuler une politique de distribution de l’énergie efficace qui permette de réduire les coûts, on retrouve parfois dans les conseils d’administration des entreprises d’électricité des personnes chargées de mettre en place ces mêmes politiques. En définitive, en Suisse, je doute que les milieux politiques, à quelques exceptions près, veuillent s’engager à réduire les coûts de l’électricité.

– Comment jugez-vous les initiatives de Doris Leuthard pour promouvoir les énergies renouvelables?

– La conseillère fédérale figure parmi les quelques personnalités politiques qui reconnaissent que la politique de l’énergie forme un ensemble qui part de l’efficacité énergétique, des gains d’énergie, etc. Il s’agit de la bonne clé pour comprendre, par exemple, les systèmes de compensation que l’on pourrait mettre en place lorsqu’un citoyen vend son électricité à un prix moins élevé qu’il ne l’achète. Mais on se trouve encore bien loin d’avoir compris, puis mis en œuvre, une solution globale de politique énergétique. La Suisse devrait pourtant se dépêcher; elle compte un énorme retard par rapport à la Chine, au Japon, à l’Inde, voire au Vietnam, en matière de soutien des énergies renouvelables.

– Selon le Conseil fédéral, la Suisse pourrait souffrir de coupures d’électricité en 2020. Est-ce exagéré?

– On avait aussi ce type de calculs dans les années 1970. Or ces chiffres ne sont pas corrects, car on n’a pas anticipé les progrès en matière d’efficacité énergétique. De même, aujourd’hui, on peut sans doute estimer que des progrès seront réalisés dans les dix prochaines années plutôt que de débattre pendant cinq ans sans rien faire. Dans l’industrie, nous avons un autre rythme qu’en politique; les choses doivent progresser rapidement. On ne peut pas compter sur les lobbys pour trouver des solutions qui passent par le recours à plusieurs sources d’énergie plutôt qu’à une seule. Avez-vous déjà lu une réflexion, par exemple des Forces Motrices Bernoises, qui aille dans ce sens? Ce n’est pas une économie de marché libre, mais de groupes d’intérêts.

– Vous avez racheté le groupe suisse 3S Industries l’an dernier. Cela vous permet de détenir la chaîne de production complète de panneaux solaires. Existe-t-il encore des domaines dans lesquels vous voulez vous immiscer?

– Bien sûr. Nous ne produisons pas de cellules photovoltaïques. Dans ce domaine, nous n’avons qu’une collaboration avec OC Oerlikon.

– Il s’agit d’un marché très fragmenté. Comptez-vous racheter des entreprises?

– Nous comptons entreprendre quelque chose, mais tout sera pesé, très réfléchi. Tout dépendra des opportunités qui se présentent, aux Etats-Unis et en Europe.

– Le franc fort fait souffrir certaines entreprises exportatrices. Comment gérez-vous ce facteur?

– Nous avons un énorme avantage, car environ 70% de nos prestations sont facturées en francs suisses.

– Comme voyez-vous votre industrie dans trois ans?

– Les réseaux électriques doivent être adaptés aux énergies renouvelables. Ainsi, on pourra savoir dans deux ou trois ans si l’industrie solaire a atteint une taille critique, autrement dit si elle produit 1% à 2% de la consommation totale d’électricité. Je suis confiant qu’elle y parviendra.

– Aujourd’hui en Suisse, l’énergie solaire coûte au moins deux fois plus cher que celle d’origine nucléaire. Quand la parité pour le consommateur sera-t-elle atteinte?

– On peut parler des heures de parité des prix pour le consommateur, mais la question centrale tient dans la volonté des milieux politiques. Ils décident du mélange des différentes sources d’énergie et des tarifs pour le consommateur. Même si les prix à la production d’énergie solaire et atomique deviennent identiques, soit que la «grid parity» est atteinte, il n’est pas dit que le consommateur paiera au final la même chose. En fait, l’énergie n’est pas un bien économique, c’est un bien politique. Dans la distribution de l’électricité, les coûts n’ont jamais joué un rôle déterminant. Ce qui compte, c’est que l’énergie soit disponible, quel que soit son prix.

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Peter Pauli, directeur général de Meyer Burger Technology. (photo: Mark Henley/Panos Pictures)

30.08.2010

Le journal Le Temps passe au vert !

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Le journal Le Temps dans son édition d'aujourd'hui se met au vert et nous offre plusieurs articles très intéressants rédigés par des experts suisses romands de haut niveau du secteur des énergies renouvelables (ER).

Yves Membrez, directeur d'EREP SA, fait le point sur "Le Biogaz en Suisse romande". Il nous rappelle que notre région a fait office de pionnière dans cette technique de recyclage et de valorisation des déchets organiques grâce à des esprits visionnaires. Elle a l'immense avantage pour ses utilisateurs de faire passer ce qui était avant des charges à des recettes. Les défis techniques ne manquent pas, mais les réalisations déjà effectuées (9) et les projets en cours (15) mettent en évidence le potentiel très intéressant de cette filière : "La première vraie réalisation techniquement exemplaire a été inaugurée en octobre 2008, à Lavigny. Elle se singularise également par le fait qu’elle est associée à la première opération d’injection de biogaz épuré dans un réseau de gaz naturel, en Suisse romande. Malgré les difficultés financières de son exploitant, cette unité industrielle est la première illustration de la technologie «KOMPOGAS» en Suisse occidentale."

Sous le titre "La sécurité de l’approvisionnement électrique", Jean-Louis Sottas, président de la Fondation Sécurité énergétique, nous aide à prendre conscience du potentiel énorme des économies d'énergies couplées au soutien des ER. En ciblant les économies à des domaines bien définis (chauffage électrique, électroménager, éclairage public, etc.) il montre que les quantités économisées sont supérieures à celle d'une centrale nucléaire pour un coût moindre : "On le voit rapidement, les économies d’électricité coûtent bien moins cher à l’Etat que la construction d’une nouvelle centrale nucléaire." Il met également en évidence tout l'intérêt pour l'emploi dans nos régions : "Dès lors, la position d’économiesuisse de continuer à défendre la construction d’une nouvelle centrale nucléaire est incompréhensible, alors que l’investissement dans les économies d’électricité serait bien plus profitable à notre tissu économique. Il semblerait que les dogmatiques aient changé de camp…" Il relève l'opacité du prix du kWh d'origine nucléaire, estimé par lui à 9 ct./kWh et sans tenir compte des coûts importants liés aux déchets, assurances, démantèlement, etc.

Christophe Ballif, directeur du laboratoire de photovoltaïque de l'antenne neuchâteloise de l'EPFL, nous parle des évolutions très rapides de ce secteur et de son fort potentiel : "Les capacités mondiales de production de modules ont été multipliées par 50 et les coûts de production divisés par 5. Le temps nécessaire à restituer l’énergie utilisée pour la fabrication n’est plus que de 1 à 3 ans selon les technologies et les régions. L’Agence internationale de l’énergie, plutôt conservatrice, estime dans un rapport récent que, d’ici à 40 ans, 22% de l’électricité mondiale sera produite par le solaire". Cela implique une diminution importante du prix du kWh qui devrait devenir raisonnable ces prochaines années (15 à 30 centimes le kWh pour nos régions). Bénéfices principaux : création de nouvelles places de travail dans un secteur ou notre pays affiche un très important savoir-faire et diminution de notre dépendance aux énergies non-renouvelables.

Sous le titre "L’éolien, signe des temps", Martin Kernen, de Suisse Eole, nous rappelle les conséquences de l'introduction en 2008 de la rétribution au prix coûtant (RPC) de l'énergie produite par voie renouvelable. Après la ruée des investisseurs au début avec des propositions de projets pas toujours en conformité avec les principes du développement durable, il rappelle que notre pays a la chance d'avoir un cadre législatif stricte dans nos cantons qui empêche de faire n'importe quoi. Sur le potentiel : "Selon le «Concept d’énergie éolienne pour la Suisse» arrêté en 2004 par la Confédération, l’éolien pourrait à terme assurer l’équivalent de la consommation d’un million de ménages, via 4000 GWh, soit la production de l’actuelle centrale nucléaire de Mühleberg. Cet objectif serait atteignable avec 800 éoliennes de technologie actuelle. Ce nombre devrait toutefois décroître, la technologie progressant vite: ainsi les 8 nouvelles éoliennes du Mont Crosin produiront-elles 3 fois plus d’énergie que les 8 installées entre 1996 et 2004." Il nous rappelle que nos barrages constituent un atout très important permettant de compenser la variabilité de la production éolienne (ou solaire) et d'intégrer ainsi, selon l'OFEN, jusqu'à 10% d'ER supplémentaires. Et de conclure avec cette remarque fort sage : "Sur le long terme, nous devrons adopter une nouvelle relation aux énergies, avec plus de visibilité: les grandes centrales, d’autant mieux tolérées par les citoyens qu’elles sont implantées chez d’autres, disparaîtront au profit d’un réseau décentralisé à usage local, intelligent."

23.08.2010

Un loup de passage sur les hauts de Trient ?

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Cette pause estivale a été l'occasion de débattre de la présence du loup dans nos montagnes. L'ancien conseiller fédéral valaisan Pascal Couchepin, en grand sage, a pris la parole (RSR1, Forum, 15 août) pour expliquer la voie sans issue qui consiste à abattre ces animaux quand ils causent des dégats. J'ai relevé également l'excellent article de Florence Balique dans l'Hebdo.

En villégiature à Trient (près du Col de la Forclaz) la semaine passée, j'ai eu une surprise de taille, le 18 août, à environ 6h30 (il m'arrive de me réveiller tôt, même en vacances !), d'entendre hurler un loup à plusieurs reprises dans les alpages dominant à l'ouest ce village enchanteur.

Ignorance d'un citadin qui ne sait pas différencier les aboiements d'un chien des hurlements d'un loup ? Honnêtement, je ne pense pas.

Cette expérience restera pour moi très impressionnante, quasiment mystique.

Pour conclure, je laisse la parole à Florence Balique :

"Et si le loup nous était, en réalité, utile? Nécessaire à notre équilibre en ce qu’il offre le miroir aujourd’hui si rare d’une nature qui ne soit pas réduite à un environnement; état sauvage, vie indomptable, vestige de cet envers de nous-même qui nous révèle notre humanité."

12.08.2010

Energies renouvelables : analyse de la banque Sarasin

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L'Usine Nouvelle publie une interview du Dr. Matthias Fawer, membre de la banque Sarasin et auteur de l'étude qui vient d'être publiée intitulée "Energies renouvelables 2010".

On y apprend que les investissements dans ce secteur ont fortement augmenté pour les pays émergents (Chine, inde et Brésil). Le constat de ces pays est limpide : dans une optique de développement durable, l'apport énergétique ne peut se baser seule sur la consommation d’énergie d’origine fossile, vu son épuisement progressif et pour des raisons environnementales.

En parallèle, les coupes importantes dans les budgets d'Etats européens comme l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne a occasionné un ralentissement net des investissements près de chez nous. Si celui-ci était prévisible à terme, la crise économique actuelle est passée par là...

Autre information : on apprend que les prix des modules pour le photovoltaïque ont chuté de 30 à 50 %, comparé à des baisses de l’ordre de 5 à 10% les années précédentes. Aucune indication n'est donnée dans l'article pour l'évolution des prix ces prochaines années.

Au final, pour la première fois, c'est un quart de la production électrique mondiale qui provient des énergies renouvelables. La progression de 16% des capacités de production totale des énergies renouvelables sur l’ensemble de la planète devrait continuer sur le même rythme ces prochaines années.

La page de la banque Sarasin consacrée à cette étude concentre sa présentation du rapport sur les perspectives incertaines pour les biocarburants.

Ceux de la première génération - les carburants issus de produits alimentaires - posent de nombreux problèmes socio-environnementaux : disponibilité restreinte des surfaces cultivables, usage excessif d'engrais, perte de la biodiversité et atteinte aux forêts et prairie principalement. Les biocarburants de deuxième génération - les carburants issus de matières végétales non-alimentaires - devraient être produits à une échelle industrielle ces toutes prochaines années (2012) alors que ceux basés sur la transformation à partir d'algues devraient apparaître plutôt vers la fin de cette décennie.

Une remarque importante à propos de l'avenir incertain des biocarburants concerne le développement rapide et prévisible des véhicules électriques.

05.08.2010

Biogaz : ça bouge au Tessin !

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(http://www.toonpool.com/cartoons/Biogas_69493)

 

Le biogaz (méthane) ne représente aujourd'hui en Suisse que 0.17% de la consommation finale totale d'agents énergétiques (1). Cette valeur reflète surtout la sous-exploitation dans notre pays d'un gisement d'énergie important et renouvelable.

Trois sources sont susceptibles de produire du biogaz : les centres d'enfouissement techniques de déchets ménagers, la méthanisation des boues de stations d'épuration et la méthanisation des déchets fermentescibles agricoles, industriels et ménagers.

Le site de l'Association des entreprises électriques suisses (www.strom.ch) nous informe (27.07) de la mise en travaux d'une installation de biogaz dans la plaine de Magadino (TI). A terme, cette petite centrale devrait produire l'équivalent de la consommation annuelle de 400 ménages. Lire ci-dessous. Un exemple à suivre !

(1) Consulter à ce propos gratuitement la toute fraîche "Statistique globale suisse de l'énergie 2009" mise en ligne par l'OFEN. http://www.bfe.admin.ch/php/modules/publikationen/stream....

 

Installation de biogaz dans la plaine de Magadino: début des travaux

La société sol-E Suisse SA, filiale de BKW FMB Energie SA sise à Berne, ainsi que ses deux partenaires tessinois, l'exploitation agricole «Ramello» d'Ulrico Feitknecht à Contone et la société Orticola Bassi SA de Marco Bassi à S. Antonino, ont débuté les travaux de construction d'une installation de biogaz dans la plaine de Magadino. Cette centrale produira du courant et de la chaleur à partir de déchets organiques.

L'installation «Biogas Piano di Magadino» sera implantée dans la zone industrielle de Cadenazzo. Elle permettra d'exploiter le lisier, le fumier ainsi que les substrats d'origine végétale (épluchures issues de la production de légumes) provenant de l'exploitation agricole «Ramello» et de la société Ortica Bassi. Par ailleurs, l'installation utilisera des substrats organiques issus de la gastronomie (déchets alimentaires). Elle fournira ainsi une contribution importante à l'élimination des déchets de la région.

Cette installation de biogaz offre de nouvelles opportunités à l'agriculture tessinoise: elle permettra ainsi la fermentation de déchets organiques issus de la production des fruits et légumes. Les résidus de fermentation constituent en outre un précieux engrais qui peut être utilisé pour l'agriculture. Le cycle des éléments nutritifs est ainsi complet.

Avec une puissance électrique de quelque 250 kilowatts et une puissance thermique de 300 kilowatts environ, l'installation biomasse produira 1,5 million de kilowattheures (kWh) d'électricité par an, ce qui correspond à la consommation annuelle de 400 ménages. L'installation sera raccordée au réseau électrique régional de la société AMB Bellinzona. La production de chaleur annuelle s'élèvera à 1,3 million de kWh par an. La chaleur produite devrait être d'une part récupérée pour chauffer un bâtiment industriel environnant et, d'autre part, utilisée par sol-E pour traiter des déchets alimentaires avant fermentation. Cela permettra d'éviter l'émission de quelque 1 500 tonnes de CO2 par an, contribuant ainsi directement à la protection du climat.

Les travaux devraient durer jusqu'à fin octobre 2010. L'installation sera mise en service à la fin de l'année, après avoir été testée en conditions réelles. Les coûts d'investissement s'élèvent à quelque 3,3 millions de CHF. (fmb)

http://www.strom.ch/fr/politique/news/news-detail/news/beginn-der-bauarbeiten-an-der-anlage-biogas-piano-di-magadino/300.html?cHash=52a3159a70

18.07.2010

Réponse à Pierre Kunz

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Je partage en grande partie Monsieur Kunz votre point de vue sur le réchauffement climatique. La lecture particulièrement du site www.pensee-unique.fr met en évidence, articles scientifiques à l'appui, que le GIEC a sous-estimé fortement (et volontairement) l'influence des oscillations climatiques naturelles dans ses prévisions.

Sur les ressources énergétiques, nous allons devoir affronter ces prochaines années une stagnation puis une diminution de la production mondiale de pétrole. Dans nos sociétés hautement influencées par la spéculation financière, je vous laisse imaginer l'évolution du prix du pétrole et ses conséquences sur l'activité de notre économie...

Dés lors, réduire de manière importante notre consommation énergétique (amélioration de l'efficacité énergétique, diminution du gaspillage) et mettre en place une politique visant l'autonomie énergétique à l'aide des énergies renouvelables (ER) n'est qu'une réponse logique, techniquement réalisable, à la crise qui s'annonce. Il faut en prendre conscience (lire mon billet), en avoir la volonté et s'en donner les moyens.

Sur les ER, les estimations des capacités sont souvent inexactes et fortement sous-estimées.  Il a été dit que 1000 éoliennes ne permettraient de produire que 3% de l'électricité consommée dans notre pays. 1000 éoliennes comme les 2 en Bas-Valais permettraient dans les faits de produire 5 térawattheures (3 pour la centrale de Mühleberg), soit l'équivalent de 8% de notre consommation. Avec les éoliennes de la dernière génération ont atteint les 15% (source SI Lausanne). Cet exemple est représentatif de la non-prise en compte quasi-systématique du fort potentiel d'amélioration des rendements énergétiques des ER.

L'autonomie énergétique à l'échelle globale aura pour conséquence de réduire les conflits internationaux liés bien plus souvent qu'on ne le croit au contrôle des ressources énergétiques fossiles. En cela, il aura un impacte direct sur la stabilisation des flux migratoires (bien meilleur que nos gardes-frontières...). En outre, les transferts technologiques liés aux ER vers les pays en développement participeront également à ce processus en dopant leurs activités économiques.

Sur le nucléaire, cette filière lourde, chère(*) et dangereuse entrave à divers titres (vaste sujet) l'évolution vers les énergies renouvelables. De plus, les réserves calculées d'uranium sont d'environ 60 ans avec le nombre de centrales actuellement existantes. Les évolutions technologiques promises permettant une meilleur efficacité énergétique ont soit été un échec (surgénérateur) ou posent de très sérieux problèmes technologiques (EPR). Sur les risques : les assureurs refusent d'entrer en matière pour les nouvelles centrales. En défenseur de l'économie de marché, vous savez que cela signifie "no future". La raison tient essentiellement aux risques que cela pose à la santé des populations : l'AIEA et l'OMS, liés par un accord depuis 1959, essaient tant bien que mal de faire taire les chercheurs qui ont mis en évidence, "grâce à Tchernobyl", les dangers graves que posent les faibles doses de radioactivité accumulées sur de longues périodes.

La transition vers les ER et l'autonomie énergétique constitue effectivement un virage majeur de nos sociétés industrialisées semblable à celui de la Révolution industrielle. Les radicaux ont été en Suisse à bien des titres les architectes de cette transition. A vous lire, il semble que cette époque est révolue. Saint Hayek, priez pour nous !

(*) le conseil fédéral a refusé récemment d'estimer le coût effectif du kWh nucléaire...

09.07.2010

Energies renouvelables et barrières mentales. Partie 2

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Après avoir introduit le député allemand Hermann Scheer, auteur du livre "l'autonomie énergétique" et père des réformes énergétiques dans son pays, j'ai reproduit les 7 a priori technico-économiques qui empêchent, selon lui, le développement des énergies renouvelables.

Ci-dessous reproduit la suite : les a priori concernant les champs et les méthodes de l'action politique.

1. Les énergies renouvelables ont besoin de subventions

En l'affirmant, on tente de faire oublier que les subventions accordées aux énergies nucléaires et fossiles étaient et sont restées plusieurs fois supérieures - on le verra - à celles dont toutes les énergies renouvelables ont jusqu'ici bénéficié. On tente aussi de faire oublier qu'il existe depuis très longtemps des possibilités d'utiliser les énergies renouvelables qui ne dépendent pas des subventions, mais uniquement de la fin des privilèges accordés aux énergies atomiques et fossiles.

2. Le besoin de consensus avec le secteur actuel de l'énergie

Le secteur traditionnel de l'énergie occupe une telle position et exerce une telle influence qu'un changement d'énergie ne pourrait au bout du compte réussir qu'en collaboration avec celui-ci. En dépit des points de désaccord considérables, on serait donc contraint de trouver un consensus avec l'économie de l'énergie. Si l'on accepte cet a priori, on accepte le monopole d'action de la branche énergétique dans toutes les questions liées à l'approvisionnement énergétique, comme si elle était la seule capable de fournir de l'énergie à la population. Le secteur de l'énergie bénéficie ainsi d'une sorte de "garantie d'éternité" intellectuelle, comme s'il s'agissait d'un organe constitutionnel.

3. L'obsession de la compétitivité sur les marché de l'énergie

Comme la libéralisation des marchés de l'énergie constitue la tendance générale, les programmes de promotion des énergies renouvelables devraient eux aussi suivre cette orientation. Cet a priori donne au "marché de l'énergie" la priorité sur tout autre critère de décision. Il néglige le fait que la mobilisation des énergies renouvelables concerne essentiellement les marchés de la technique, et qu'il ne s'agit plus que partiellement du marché de l'énergie.

4. L'impossibilité de revenir sur des engagements globaux pris par contrat

Comme les problèmes énergétiques prennent une forme globale - pour des raisons liées à la répartition économique des charges dans la compétition internationale -, la solution du problème passe forcément par des solutions communes globales et contractuelles, dont on devrait accepter les inévitables compromis comme limite d'action. Une fois de plus, on relègue au deuxième plan les bénéfices sociaux que ne manqueront d'apporter les énergies renouvelables. Cet a priori néglige en outre le fait que les percées technologiques n'ont jamais été le fruit d'actions décidées au niveau international et que tout plaide contre la possibilité qu'elles le deviennent un jour. En défendant de telles idées, on contribue à concentrer l'attention du public et l'énergie des acteurs sur des conférences internationales débouchant sur des traités, bien que celles-ci aient des effets extrêmement insuffisants, et à négliger d'autres initiatives.

5. Les atteintes à l'environnement dues aux énergies renouvelables

Comme l'utilisation des énergies renouvelables est elle aussi une source de pollution, leur introduction doit faire l'objet des mêmes contrôles écologiques que les énergies nucléaires et fossiles. Ici, on oublie les différences élémentaires entre les destructions effectives et les atteintes relativement marginales à l'environnement, les dommages écologiques irréversibles et réversibles, les installations productrices de déchets toxiques et celles qui prennent de la place mais ne polluent pas.

6. Le réalisme des petits pas politiques

Comme les petits pas sont censés susciter une moindre résistance et donc être plus faciles à imposer, le réalisme voudrait que l'on n'effraie pas les instances politiques, l'économie et l'opinion publique avec des approches trop ambitieuses. Défendre cet a priori revient à capituler devant la réalité des problèmes, dès lors que les petits pas politiques ne suffisent manifestement pas à résoudre les questions que pose l'approvisionnement traditionnel en énergie fossile et nucléaire.

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